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Marc Jamoulle
Médecin de famille
Charleroi, Avril 1997

Déclaration d'intention ;
Le médecin généraliste et de famille et l'usager de drogue

Contenu

Le médecin de famille et l'usager de drogue
Commentaires et propositions
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Ce texte qui effleure la thématique de l'éthique professionnelle et du soins aux usagers de drogues a été écrit à l'issue d'une rencontre entre médecin généralistes Français, Portugais et Belges à Villamura, Portugal au printemps 1997. Il est soumis ici à votre regard critique.
Merci de me faire parvenir vos commentaires. Un formulaire est à votre disposition. Plusieurs collègues ont apporté leur contribution à la réflexion sur ce thème qui touche à l'éthique de l'approche des usagers de drogue. Leur réflexion sont reproduites ci-dessous. Une réécriture du texte, collective, pourrait être tentée si le besoin d'un texte de référence se faisait sentir.

1. Le médecin généraliste et de famille et l'usager de drogue

Ecrit à Villamura, Portugal, printemps 1997.

Le patient usager de drogue est un patient comme les autres. S'il le requiert, il devra bénéficier de l'information, de l'écoute et de l'approche thérapeutique qui est due à tout être humain souffrant. Le patient a droit au respect le plus strict de son intimité et de son secret. Il a droit à des soins personnels, globaux, continus et accessibles socialement et financièrement.

Le médecin généraliste et de famille désireux de prendre en charge le patient usager de drogue veillera à lui offrir les mêmes conditions de prise en charge que pour les autres patients, quelque soit le site où il pratique. Le médecin généraliste et de famille veillera à acquérir la compétence nécessaire pour accompagner les usagers de drogue dans leur parcours de vie. En développant son savoir-faire et son savoir-être, de préférence en relation avec ses pairs, il veillera à maintenir sa performance dans le domaine des toxicomanies. La continuité et la coordination des soins au travers d'un réseau multidisciplinaire seront au centre de ses préoccupations.

L'approche thérapeutique sera basée sur une vision globale de l'être humain, prenant en compte les dimensions biologiques, psychologiques et socioculturelles. Le médecin généraliste et de famille de l'usager de drogue veillera à intégrer l'éducation pour la santé et la prévention à la pratique curative. Il sera particulièrement attentif à la prévention primaire, au dépistage, à la réhabilitation et au regard sur la nocivité potentielle de sa propre pratique. Il mettra en place les outils psychothérapeutiques appropriés et veillera à sa propre santé mentale et physique.

Dans la mesure où le médecin généraliste et de famille utilise des produits addictifs pour traiter, il veillera à prendre toutes les précautions nécessaires à la sauvegarde de la santé de son patient et de la collectivité. Quelques soient les circonstances, aucun traitement ne pourra être entrepris qui n'ait fait l'objet d'un consensus éclairé entre le patient et son médecin personnel. Si le traitement implique l'usage de substances addictives, il ne pourra en aucun cas être interrompu abruptement. Le médecin se défendra de toute pression morale ou financière vis-à-vis du patient traité par substance addictive. Un tel traitement qui peut s'étaler sur plusieurs années, va de pair avec la réhabilitation psychosociale du patient et doit être poursuivi quels que soient les événements qui peuvent affecter la vie du patient.

Marc Jamoulle

2. Commentaires et propositions.

  • Commentaire de l'équipe de la Maison Médicale de Ransart
    Contact : D. Pestiaux

    Dans quelle mesure cet excellent texte proposé ne convient-il pas pour tout patient vu en médecine générale et, donc, en corrollaire, se pose la question de la spécificité de la prise en charge du toxicomane.

    Le patient toxicomane est un patient comme tous les autres et

    1-La particularité de la toxicomanie justifie une approche spécifique et donc une formation spécifique qui permettent la prise en charge décrite

    2-La toxicomanie ne peut pas être prise en charge sans la pluridisciplinarité évoquée et ce contrairement à d'autres affections qui peuvent être traitées de manière plus individuelle.

    3-Il peut arriver que le soignant ne se sente pas prêt à prendre en charge ce type de problème: contre-transfert négatif, impossibilité pour le médecin d'accrocher avec ce type de patients, besoin de référer le toxicomane à un confrère qui acceptera de le soigner, limitations au niveau de la disponibilité comme avec d'autres types de pathologies ou d'autres types de patients.

    4-Je crois comme toi qu'une bonne prévention primaire fait partie du quotidien de la médecine générale, mais je me demande si celle-ci n'est pas dépassée au moment où le toxicomane consulte, puisqu'il arrive déjà avec un passé souvent chargé et rentre peut-être alors dans un contexte de prévention secondaire. Cela ne me semble en tout cas pas la priorité pour ce type de problème.


  • Commentaire de l'asbl CCLA , Cytoyen Comme Les Autres
    Contact : D De Vleeschouwer

    L'asbl CCLA (Citoyens Comme Les Autres) soutient cette déclaration d'intention. Seule remarque d'importance: Qu'en est-il du suivi du traitement en prison?. Sans doute, faut-il le comprendre dans la phrase: "il (le traitement) ne pourra être interrompu abruptement". Néanmoins la situation dans les prisons belges et les obstacles mis au suivi des traitements par la méthadone nécessiteraient à notre avis de développer dans un paragraphe les engagements du médecin généraliste en cas d'incarcération de son patient. Car il faut bien le reconnaître, l'incarcération des usagers de drogues en traitement n'est pas une pratique accidentelle, mais hélas très fréquente.


  • Commentaire du Dr Picard, psychiatre, asbl MIDRASH
    Contact : D. Picard

    Il me semble qu'il manque a ce texte une indication concernant les limites de l'intervention du MG auprès des usagers de drogues. Quand le MG doit-il faire appel à une équipe pluridisciplinaire, a un centre specialise, a des confreres specialistes? Je suis inquiet de constater que certains - sachant que la prescription de medicaments de substitution est relativement simple - s'autorisent a traiter seuls des toxicomanes presentant des etats pathologiques annexes ou connexes a leur usage de drogues, tels des troubles psychiatriques graves, ou un etat de grossesse.

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  • Ont marqué leur accord :

Francis Capet, Michel Roland, Didier Picard, D De Vleeschouwer, D. Pestiaux

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Merci de discuter ce texte et me faire parvenir vos remarques, commentaires, critiques et suggestions. Faites part de votre opinion soit en tapant un court texte dans le formulaire ci-dessous soit par courriel à l'adresse : marc.jamoulle@ulb.ac.be soit encore par courrier postal.

Marc Jamoulle
94 rue Frere Orban
6040 Jumet, Belgique
Tel 32 71 285577
Fax 32 71 285570
Courriel :
marc.jamoulle@ulb.ac.be

 
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