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Portrait d'ancien - Jean Pierre Thiébaut

Ingénieur civil en 1972 (première promotion après mai 68 !) puis master en management public en 1985, le tout à l'ULB, bien sûr, il effectue un passage dans l'industrie nucléaire, puis entre à la Sobemap. La Sobemap était, " en ce temps-là " , l'entreprise phare ou les jeunes diplômés rêvaient d'entrer. Il y entre si bien qu'il va y rester 27 ans. Devenu directeur général et administrateur-délégué des filiales Benelux, il ne quittera sa société, devenue entre temps Sema Group, que suite au rachat du groupe par Schlumberger.

Il y a indubitablement connu un travail passionnant et varié: une société de consultance travaille sur beaucoup de projets différents, avec de nombreuses entreprises et à tous les échelons de la hiérarchie.

Après être devenu directeur général, responsable des opérations, d'un groupe industriel qu'il a aidé à se restructurer pendant deux ans, il est actuellement coordinateur des laboratoires de biologie médicale des hôpitaux Iris, en charge de la coordination de leur gestion et coordinateur de la fusion des laboratoires des hôpitaux Saint-Pierre et Bordet.

Parallèlement, il a mené une activité académique à l'université : co-titulaire du séminaire d'économie d'entreprise à Solvay, il participe à la réflexion sur l'informatique à Solvay et la télématique en Polytech. Il donne actuellement le cours de stratégie et économie des systèmes d'information en Polytech, ouvert aux étudiants de Solvay, et le séminaire des technologies de l'information et de la communication à Solvay, en plus d'être co-directeur d'un des programmes ULB/Viet-nam et responsable du module e-gouvernement dans le programme PUMP, à Solvay.

Il dit de lui qu'il n'est pas un académique, il n'enseigne aucune théorie.

Il applique à ses cours sa démarche de consultant : échanger l'expérience plus que transmettre la connaissance, ouvrir l'université et les étudiants vers le monde extérieur et réciproquement, transmettre l'expérience du monde extérieur à l'université.

Jean Pierre pense être arrivé, pour ce qui le concerne, à l'âge où il ne lui faut plus parcourir à tout crin son cursus honorum, mais bien où il fait ce qui lui plaît.

La fonction qu'il vient d'accepter s'apparente plutôt, dit-il, à celle de l'homme providentiel sur qui on compte pour faire des miracles dans le réagencement des systèmes d'information de l'université, à l'aube de leur écroulement. Ce rôle, particulièrement ingrat et instable, il le refuse pour jouer plutôt le rôle de celui qui va tenter d'apporter à l'université son expérience professionnelle.

Les systèmes d'information de l'ULB, dit-il, sont plutôt chaotiques, principalement dû au fait que, année après année, chacun, service par service, département par département, faculté par faculté, a mis des procédures au point sans trop songer à les uniformiser voire à les intégrer avec celles des " autres ". Il y a donc un énorme besoin de standardisation, d'organisation, de vue par processus transversaux. Ainsi, en dégageant les facultés des problèmes de gestion administrative, on leur permettra de se concentrer encore plus sur l'enseignement et la recherche, leur "core-business".

Derrière le professionnel, et le professeur, il y a l'ancien. Jean Pierre est très attaché à l'université où il a connu des moments inoubliables: il ne serait pas devenu ce qu'il est sans l'université. Il associe donc étroitement l'université et ses anciens : sans cette symbiose, l'université perd une incontestable valeur ajoutée; elle doit connaître ses anciens, garder le contact, profiter de leur expérience. Les anciens étudiants demeurent membres de la communauté universitaire qui les a formés. Tout comme l'université doit leur faire savoir qu'elle compte sur eux, comme ils ont pu compter sur elle, les anciens devraient naturellement considérer comme un devoir sacré d'aider l'université dans la mesure de leurs moyens.

Lui arrive-t-il de s'évader de l'université ?

Amateur de grands périples qu'il effectue le plus souvent possible, son épouse et lui, à travers le monde entier ( ils adorent, entre-autre le Viet-nam, pays qu'il a découvert en allant y donner cours...). Bien qu'il trouve que ce qu'on rapporte de ses voyages ne se partage pas facilement; il est prêt, comme avec l'université, à communiquer ses expériences à d'autres. Mais ceci est une autre histoire.

Pour conclure : il se réclame de sa façon d'essayer de dire les vérités parfois froidement et sans ambages, surtout à ses amis, comme l'Université. C'est, dit-il, encore sa liberté.

Micheline MARDULYN
Secrétaire Générale de l'UAE

Jean Pierre vient d'accepter le poste de conseiller aux affaires informatiques auprès du Président et du Recteur de l'ULB. Une occasion pour Esprit Libre de reprendre contact et d'évoquer son parcours d'Ancien.



 
  ESPRIT LIBRE > OCTOBRE 2004 [ n°25 ]
Université libre de Bruxelles