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esprit libre

[à l'université]
 
 
 
Une figure connue à la présidence de l'ULB Le pro-recteur Jean-Louis Vanherweghem succède à Robert Tollet

Esprit Libre : Vous " rempilez " en quelque sorte. Quelles sont vos motivations ?
Jean-Louis Vanherweghem : " Au moment où j'ai quitté le rectorat, je ne pensais pas revenir aux affaires pour d'autres missions que celles du pro-recteur (présence à la commission des recteurs et au conseil d'administration). A priori, le profil idéal du président, pour moi, aurait été une personnalité extérieure de gros calibre. Compte tenu de circonstances plus récentes vécues au conseil d'administration, je me suis rendu compte que le président devait être quelqu'un de très disponible pour l'intérieur de l'institution.

Esprit Libre : Le fait d'avoir été recteur constitue un avantage dans votre nouvelle fonction ?
Jean-Louis Vanherweghem : Lorsque des experts universitaires avaient évalué l'université, il y a quelques années, ils avaient conclu qu'il n'était pas bon qu'un ancien recteur devienne président. Quelqu'un qui s'est occupé des affaires académiques pourrait avoir tendance à avoir envie de continuer à y mettre son nez. Je me suis engagé à ne pas le faire.

Esprit Libre : Comment voyez-vous votre rôle au sein de l'institution ?
Jean-Louis Vanherweghem : Dans notre système, le président est le patron de l'administration générale, de la logistique et c'est lui qui tient les cordons de la bourse. Il est là pour aider le recteur à faire tourner la machine. Robert Tollet m'a beaucoup soutenu du temps de mon rectorat. En fait, le recteur doit " dépenser " et le président doit " serrer les vis " car il faut tenir le cap sur le plan budgétaire. La collaboration doit être complète pour permettre à l'université de maintenir ses missions essentielles d'enseignement et de recherche.

Esprit Libre : Comment se porte l'université sur le plan budgétaire ?
Jean-Louis Vanherweghem : Grâce à l'action de Robert Tollet, nous sommes quasiment à l'équilibre budgétaire. Mais cet équilibre reste fragile. Nous sommes en permanence à la corde. Il faut continuer à plaider pour un refinancement public des universités. Les universités de la communauté française sont incroyablement efficientes : si l'on compare les moyens alloués au nombre de diplômés et au nombre de publications, nous sommes toutes très performantes et l'ULB tout particulièrement. Mais nous sommes en permanence à la limite. Cela se ressent au quotidien et pourrait être une des explications de ce " malaise " exprimé par certains au sein de la communauté universitaire. La surcharge de travail crée des tensions dans les universités comme dans les hôpitaux. Nous rencontrons en outre de grosses difficultés en terme d'infrastructure. L'ULg, l'UCL et l'ULB ont chacune des campus qui ont près de trente ans et qui nécessitent de lourds travaux de rénovation. Nous manquons également de surfaces et si nous avons fait des investissements importants ces dernières années (nouvelle Faculté de médecine, Bibliothèque, Institut de Biologie et de médecine moléculaires, nouveaux logements étudiants …), il reste encore fort à faire.

Esprit Libre : Vous parlez de financement public, cela veut dire que vous êtes opposé au financement privé ?
Jean-Louis Vanherweghem : Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Ethiquement, il est indispensable que les fonctions d'enseignement et de recherche fondamentale puissent bénéficier d'un fonctionnement correct sur base de fonds publics. Cela n'exclut pas bien sûr de faire appel à des fonds privés dans le cadre de la recherche contractuelle ou de faire appel au mécénat pour créer des Chaires d'enseignement ou pour améliorer nos infrastructures.

Esprit Libre : Aujourd'hui, quelle est votre vision de l'Université ?
Jean-Louis Vanherweghem : L'Université doit rassembler trois qualités : elle doit être un lieu de conservation, mais aussi de création et de transmission des savoirs. On voit souvent l'université comme conservatrice alors qu'elle est l'endroit du monde où l'on crée le plus chaque jour, y compris dans le domaine de la formation. Finalement, face à ce foisonnement la gageure est de s'adapter pour permettre à un domaine qui explose d'avoir les moyens de son développement.

Isabelle Pollet


Le 13 janvier dernier, Jean-Louis Vanherweghem a été élu à la présidence du conseil d'administration de l'ULB. Ce médecin, néphrologue, est bien connu puisqu'il a exercé les mandats de doyen de Faculté, de 1989 à 1993, puis de recteur de 1994 à 2000. C'est Fabrizio Buccela, docteur en sciences, conseiller communal à Ixelles (PS) et membre du cabinet de Françoise Dupuis qui sera son vice-président.



 
  ESPRIT LIBRE > FEVRIER 2003 [ n°9 ]
Université libre de Bruxelles