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esprit libre

[à l'université]
 
 
 
ULB et VUB : eendracht maakt macht

Esprit Libre : Jean-Pierre Devroey, vous êtes directeur des bibliothèques de l'ULB. Quel est l'état d'esprit dans lequel Covulb a été signée ?
Jean-Pierre Devroey : Même si nous constituons deux universités séparées, l'esprit de coopération entre l'ULB et la VUB a toujours été la politique de la porte ouverte : tout le monde entre et est chez lui, de l'un et de l'autre côté. Nous avons vraiment coopéré pleinement sur ce que l'on pouvait partager, en tenant compte de la construction fédérale, parfois étroite, de la Belgique. Le stade actuel de notre collaboration, c'est la prise de conscience que l'on peut passer de cette simple ouverture à la recherche de la complémentarité.

Esprit Libre : Comment, concrètement, se manifeste cette complémentarité ?
Jean-Pierre Devroey : Le secteur dans lequel nous coopérons est celui de la manière d'accéder à l'information sur l'information. C'est le développement d'interfaces et d'outils qui permettent de se renseigner de la manière la plus précise possible sur ce que possèdent les deux bibliothèques. Mais c'est aussi le défi extraordinaire des bibliothèques virtuelles qui apportent des centaines de milliers d'informations. Comment arrive-t-on à gérer ces dernières et à les rendre accessibles ?

Esprit Libre : ADB est une des réponses à cette question ?
Jean-Pierre Devroey : Exactement. Développé par la VUB, ADB (pour "Article DataBase") est un logiciel de gestion de l'accès aux périodiques électroniques. Ces cinq dernières années, on a assisté à une explosion de ce type de périodiques. Il était donc très intéressant de donner accès au public de l'ULB et de la VUB à ce qui était disponible dans chacune des deux universités. Nous avons donc construit, en utilisant ADB, une base de données commune, une seule porte d'accès derrière laquelle se trouvent les sommaires d'un certain nombre de revues achetées par nos deux universités.

Esprit Libre : Une autre réponse, une autre manière d'accéder à l'info, c'est la technique du "linking"… Comment cela fonctionne-t-il ?
Jean-Pierre Devroey : C'est le principe de l'hypertexte. Prenons un exemple. Je pose une question sur Théodore Verhaegen : on m'envoie vers la photo de Théodore Verhaegen, puis vers sa biographie, mais on me dit aussi que sur le site Web du service des relations avec la presse il y a encore d'autres informations sur Verhaegen, etc. Évidemment, l'idéal est que cet environnement soit intuitif, qu'il ne faille pas aller chercher dans dix sources différentes. Eh bien, c'est cela que l'on appelle le "linking". C'est une technologie qui existe depuis moins de cinq ans. Elle consiste à identifier dans un univers de sources d'informations ce que chacune de ces sources peut faire ou ne pas faire. Ensuite, un robot va automatiquement créer les liens pertinents et, très important, vérifier si il y a une réponse derrière la question qu'on a posée, pour éviter d'obtenir 22.582 liens dont un tas ne sont pas activés ou dont la page a disparu depuis dix ans… Nous développons cela avec la VUB, c'est le système Vlink (prononcer "Vé-link"), lancé d'abord à partir d'ADB. Il signale des ressources, des articles intéressants par rapport à la question posée en fonction de qui on est. Donc on ne se trouve jamais face à une porte fermée : on ne nous signale que ce à quoi nous avons vraiment accès.

Esprit Libre : Ce qui m'épate, c'est la rapidité avec laquelle ces réalisations aboutissent.
Jean-Pierre Devroey : C'est parce que cela remonte à une tradition. Ce dossier avance bien parce qu'on n'a pas attendu Covulb pour coopérer. Covulb nous permet de traduire en termes politiques des pratiques de coopération, d'échange et de projets que nous avions déjà avant mais pour lesquels on n'avait pas de cadre et pas le même type de soutien que ce que l'on peut rencontrer maintenant.

Nicolas  Van den Bossche


L'ULB et la VUB, sa sœur néerlandophone, coopèrent depuis longtemps. Mais, en 2000, elles ont décidé de donner un cadre à leur collaboration en signant une convention. "Covulb" était née. Cette convention fonctionne notamment très bien dans le domaine des bibliothèques.



 
  ESPRIT LIBRE > DECEMBRE 2002 [ n°9 ]
Université libre de Bruxelles